Écrit/traduit par: Laurance Hoffmann
Il suffit d'un instant pour comprendre qu'en termes de terre, eau et
énergie, il est de loin plus efficace de se nourrir de
végétaux que de corps d'animaux morts ayant
eux-mêmes consommé de très importantes
quantités de plantes pour assurer leur croissance et leur
activité.
Les études réalisées sur la santé des
vegans (qui ne consomment aucun produit d'origine animale), autres
végétariens (lait et oeufs uniquement) ainsi que sur
celle des mangeurs de viande ont également
révélé, sans doute possible, que les êtres
humains, enfants compris, peuvent être en parfaite santé
sans consommer le moindre produit d'origine animale.
Ce qui est nouveau, c'est la reconnaissance croissante que nous sommes
en train de repousser les limites environnementales de notre
planète et l'acceptation, déjà très
répandue auprès des plus hautes instances
internationales, que l'une des principales raisons de ce
problème réside dans le fait que nous continuions,
à une échelle mondiale et de manière grandissante,
de baser notre alimentation sur des produits d'origine animale.
Le réchauffement climatique est de plus en plus perçu
comme le défi le plus important du 21ème siècle,
et le rapport récent de l'Organisation des Nations Unies pour
l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), intitulé "Livestock's
Long
Shadow" (L'interminable ombre du bétail), nous enlève
tous nos doutes sur l'importance de nos choix alimentaires par rapport
à ce problème:
"Il s'avère que le secteur du bétail est l'une des deux
ou trois plus importantes causes de nos plus graves problèmes
environnementaux, et ce à une échelle tant locale que
globale."
"Le secteur du bétail ... est responsable de 18 pour cent des
émissions de gaz à effet de serre mesurés en
équivalents de CO2. Cette part est plus élevée que
celle émise par les transports."
La demande en viande et en nourriture destinée au bétail
conduit à la destruction des forêts ainsi qu'aux
importantes émissions de dioxide de carbone qui accompagnent
cette destruction. Le méthane émis par les ruminants
représente le deuxième principal impact du bétail
sur les gaz à effet de serre.
Malgré l'évidence qu'il est urgent que nous passions
à autre chose, la plupart des organisations restent convaincues
que le bétail fera toujours partie de nos existences. Bien que
reconnaissant l'impact destructeur du bétail sur
l'environnement, la FAO prévoit que la consommation mondiale de
lait et de viande aura doublé d'ici 2050.
Ils ont cerné le problème, la solution se trouve sous
leurs yeux, mais il semble pourtant que nos dirigeants ne sont juste
pas capables de concevoir leur avenir sans continuer à
dépendre des produits d'origine animale.
Cependant, si nous ne sommes pas capables d'imaginer notre avenir TOUT
EN prenant des mesures urgentes pour en faire une
réalité, nous n'aurons tout simplement pas d'avenir du
tout. Si nous saisissons l'occasion qu'il nous reste suffisamment
tôt, il se peut encore qu'à partir du seul futur viable
qu'il nous soit possible d'envisager - c'est-à-dire un futur
dans lequel la notion d'"environnementaliste mangeur de viande"
semblera aussi absurde que le concept de propriétaire d'esclaves
égalitaire -, nous puissions un jour nous offrir le luxe de nous
retourner sur l'aveuglement de nos générations
passées.
Renato Pichler
Président
Union Végétarienne Européenne
www.euroveg.eu
president@euroveg.eu